Macron un arnaqueur ?

Emmanuel Macron en Napoléon franchissant les Alpes vu par Hermann. Affiche de l'exposition (Capture d'écran / Hermann)

Parler des « arnaques » en politique dépend beaucoup de la sensibilité et des opinions de chacun, mais on peut tout à fait lister les dossiers, réformes ou promesses d’Emmanuel Macron qui ont suscité les plus vives controverses, des accusations de trahison politique, ou un fort sentiment de rejet de la part d’une partie des Français.

Voici un résumé des sujets les plus clivants et des principales critiques qui lui sont adressées depuis son arrivée au pouvoir en 2017 :

1. Les promesses sociales et le pouvoir d’achat ;

La taxe carbone et les Gilets Jaunes (2018) : Présentée comme une mesure écologique, la hausse des taxes sur les carburants a été perçue par les classes populaires et moyennes comme une fiscalité punitive, déclenchant la crise des Gilets Jaunes.

La suppression de l’ISF vs la baisse des APL : Dès le début de son premier quinquennat, la baisse de 5 euros par mois des aides au logement (APL) a coïncidé avec la suppression de l’Impôt sur la Fortune (remplacé par l’IFI). Ce contraste a durablement ancré son image de « président des riches ».

La réforme des retraites (2023) : Le passage de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, imposé via l’article 49.3 sans vote final à l’Assemblée, a été vécu par une grande majorité de l’opinion comme un déni démocratique et une rupture de contrat social.

2. Le style de gouvernance et les institutions ;

Le recours massif au 49.3 : Promettant un « nouveau monde » et une gouvernance plus horizontale, l’exécutif a pourtant enchaîné les recours au 49.3 (notamment sous le gouvernement d’Élisabeth Borne), ce que l’opposition a qualifié de dérive autoritaire.

La dissolution de l’Assemblée nationale (2024) : Après les élections européennes de 2024, sa décision surprise de dissoudre l’Assemblée a plongé le pays dans une instabilité politique majeure, ce que ses détracteurs ont qualifié de « coup de poker irresponsable ».

3. Les affaires d’influence et de finances publiques ;

L’affaire McKinsey : Les révélations du Sénat sur l’explosion des contrats de conseil privés (comme le cabinet américain McKinsey) sous ses mandats, pour des montants de plusieurs centaines de millions d’euros de fonds publics, ont été dénoncées comme un recours abusif et opaque à des intérêts privés.

La dette publique : Alors qu’il se présentait en gestionnaire rigoureux, la dette de la France a massivement augmenté (dépassant les 3 000 milliards d’euros). Bien que le « quoi qu’il en coûte » pendant le Covid-19 en explique une partie, les oppositions pointent du doigt une mauvaise gestion des finances de l’État.

Le débat se cristallise souvent entre ses partisans, qui estiment qu’il mène des réformes courageuses et nécessaires pour moderniser l’économie française (baisse du chômage, attractivité du pays), et ses opposants, qui y voient un démantèlement du modèle social français au profit des plus aisés.

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