Taxe d’habitation : le pire est à venir

Le comité des finances locales planche actuellement sur une réforme à hauts risques. Les habitants des beaux quartiers, propriétaires et locataires, pourraient payer jusqu’à deux fois plus. Explications.

La réunion du Comité des finances locales prévue mardi 11 février, qui réunit le gouvernement et les représentants des maires et élus locaux (sénateurs, conseillers généraux et régionaux) risque d’être explosive. Il y sera question de la réforme de la fiscalité locale, un chantier que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé depuis quelques mois et qu’il s’est décidé à lancer dès maintenant.

Le moment n’est pourtant pas le mieux choisi, puisqu’il revient à allumer un incendie juste avant les municipales. Car la réforme, telle qu’elle s’esquisse sur la base des travaux préliminaires, va faire exploser les impôts locaux des administrés. Des administrés qui sont aussi, ne l’oublions pas, des électeurs…

Or ces derniers vont découvrir qu’ils risquent de voir leur taxe d’habitation grimper de 20 à 120%. Sur le papier, les intention du gouvernement sont louables: « rapprocher les bases d’imposition des locaux d’habitation de la réalité du marché, simplifier le mode de calcul des valeurs locatives, prévoir un dispositif de mise à jour permanent et conférer un rôle plus central aux collectivités territoriales ».
19 milliards de rentrées fiscales en 2013

Soit. Mais dans la réalité, depuis 18 mois, les Français ont appris que les mesures de justice fiscale s’apparentent toujours à une hausse des prélèvements. Les 46 millions de foyers potentiellement concernés par la réforme ne sont pas dupes. Ils paieront davantage. Avec un risque politique majeur, souligné à plusieurs reprises par le député UMP Gilles Carrez.

Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a ainsi tiré la sonnette d’alarme: « le gouvernement a la témérité de réengager une révision », a-t-il prévenu, « que tous les gouvernements ont écartée depuis plus de vingt ans ».

Mais la tentation est trop forte. Les collectivités doivent impérativement compenser la baisse (3 milliards d’euros sur 2014 et 2015) des dotations de l’Etat? Or, la taxe d’habitation est avec la taxe foncière la principale recette des villes et représente 41% des recettes de fonctionnement. L’an dernier, elle a rapporté plus de 19 milliards d’euros, soit 3,2% de plus qu’en 2012.

Les recettes de cet impôt qui touche propriétaires et locataires progressent donc déjà beaucoup plus vite que l’inflation et que les revenus des contribuables. Pourquoi aller plus fort encore ? Parce que, sur le papier, cette réforme n’est pas illégitime. Le fonctionnement de cet impôt est, en effet, un peu foutraque.
Les mieux lotis ne sont pas les plus imposés

Cette taxe supporte en effet trois critiques de taille. La première, c’est que les communes riches en sièges sociaux peuvent largement s’en passer et imposent très légèrement (comme c’est le cas à Paris) leurs habitants. Inversement, les petites communes rurales, faute d’industries et de commerces à taxer, appliquent au contraire des taux d’imposition très élevés.

Deuxième critique : cette taxe est calculée sur des bases (la valeur locative théorique) qui n’ont pas été remises en cause depuis 1970 et qui privilégient les éléments de confort présents à cette époque. Autrement dit, l’occupant d’un immeuble années 70 (au top de l’équipement à l’époque mais aujourd’hui totalement obsolète) payera plus cher que celui d’un immeuble haussmannien (considéré à l’époque comme ancien, mais souvent modernisé depuis…).

Bercy travaille depuis quelques mois à la réforme de ces bases Enfin, troisième critique, et c’est le point de friction, la taxe d’habitation ne prend pas en compte les ressources des occupants. Et pour André Laignel, président du Comité des finances locales (CFL), il est logique qu’on cherche à « corriger cette injustice. »
Peu probable qu’elle baisse pour quiconque

Il y a donc des riches qui ne paient pas grand-chose, des pauvres qui s’étranglent en recevant chaque année le nouveau montant qu’ils doivent au fisc, des propriétaires de lofts magnifiques à peine imposés et des habitants d’HLM dont c’est le seul impôt direct. L’Etat avait déjà tenté, il y a quelques années, de mettre un peu d’ordre dans ce beau bazar et décidé d’un mécanisme de péréquation entre communes.

La réforme que souhaite le gouvernement est autrement plus ambitieuse. En jouant sur l’assiette de la taxe d’habitation, elle va frapper au portefeuille les propriétaires et les locataires qui ont le triple handicap de 1) habiter dans une grande ville, 2) vivre dans un quartier bourgeois et 3) toucher des revenus. Ceux-là même qui étaient assez peu imposés. Pour certains, selon les premières estimations, la facture pourrait doubler. Mais il est peu probable qu’elle baisse pour les autres…
Premier bénéficiaire : l’Etat

Seul contribuable local à être certain de tirer profit de la réforme, l’Etat ! Il prend en effet à sa charge la taxe d’habitation des Français bénéficiant de l’exonération de cet impôt et rembourse aux collectivités toute une série de dégrèvements et de plafonnements. Au total, ces transferts représentent un quart de la collecte de la taxe, dont une partie devrait disparaître, à la faveur de la réforme. Du point de vue du gouvernement, la réforme aurait donc un double avantage : hausse des ressources des communes, baisse de la contribution de l’Etat.

Les élus devront rendre leur copie en avril (juste après les municipales). Elle servira de base aux travaux des parlementaires qui incorporeront l’essentiel de leurs conclusions dans la prochaine loi de finances. Histoire de faire passer la pilule, la réforme devrait être étalée sur trois ans, jusqu’en 2018. A moins qu’elle ne soit, comme celle sur la famille le mois dernier, reportée « sine die »…

Sources : Challenges

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Le CICR arrête une aide d’urgence après confiscation de tentes par Israël

JERUSALEM – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé jeudi la suspension de la fourniture de tentes aux Palestiniens déplacés par les démolitions israéliennes dans la vallée du Jourdain, à la suite de confiscations de matériel par Israël.

Nous avons suspendu la distribution de tentes et d’abris à cause d’une série d’obstacles et de confiscations depuis le début de 2013 par Israël dans la vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée, a indiqué à l’AFP un porte-parole du CICR, Jon Martin Larsen.

Nous continuerons à distribuer de l’aide après les démolitions de maisons, y compris des nécessaires d’hygiène, de cuisine, et des matelas, a-t-il précisé.

Selon des sources humanitaires locales, une telle décision de la part du CICR est extrêmement rare.

Un collectif de 25 organisations humanitaires, dont Action contre la Faim (ACF), Oxfam et Handicap International a aussi dénoncé dans un communiqué conjoint la démolition en 2013 de 122 structures d’habitation et de vie fournies pas les donateurs internationaux, ainsi que la confiscation de 65 équipements de secours, dont des tentes.

La destruction et l’entrave à l’acheminement de l’aide est tellement extensive qu’elle a conduit le CICR à cette décision, ont-elles ajouté.

En 2013, les démolitions, dont plus de la moitié dans la vallée du Jourdain, ont atteint leur plus haut niveau en cinq ans, avec une nette aggravation depuis la reprise des négociations de paix fin juillet, caractérisée par une augmentation de 43% des démolitions et de 74% des déplacés, selon les ONG.

D’après les données du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) citées par les ONG, 286 structures palestiniennes ont été démolies entre le 28 juillet et le 31 décembre 2013, déplaçant 452 personnes, contre 200 démolitions et 260 déplacés à la même période en 2012.

Pour le seul mois de janvier 2014, Israël a détruit 27 habitations palestiniennes dans la vallée du Jourdain, faisant 147 sans-abri, selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’Homme B’Tselem.

La vallée du Jourdain se trouve à 90% en zone sous contrôle total de l’armée israélienne, qui n’y délivre de permis de construire que de manière très restrictive, obligeant les habitants palestiniens à y bâtir sans autorisation, selon les Palestiniens et les organisations de défense des droits de l’Homme.

Sources : Romandie

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Viande à bas prix = viande OGM : éleveurs – animaux – consommateurs

Très »belle » vidéo qui montre bien le problème de la surconsommation, de l’ élevage intensif, et de cette course du toujours plus … Mais à quel prix !!!!

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Une réserve parlementaire de 81,6 millions en 2013

PARIS (Reuters) – La « réserve parlementaire » s’est élevée en 2013 à 81,6 millions d’euros et chacun des 577 députés français a reçu en moyenne 130.000 euros, apprend-on dans le document publié mercredi par le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Ce souci de transparence s’explique notamment par les critiques sur le risque de clientélisme qu’engendre cette utilisation des fonds publics par les députés dans leur circonscription en période de réduction des déficits publics.

La « réserve parlementaire » est un ensemble de subventions d’Etat votées en lois de finances initiales ou rectificatives proposées par les parlementaires afin de participer au financement de projets d’investissement de collectivités et de soutenir des activités menées par des associations.

« Pour la première fois, la ‘réserve’ a été répartie équitablement entre majorité et opposition parlementaires », précise Claude Bartolone dans un communiqué. « Chaque député bénéficie désormais d’un montant de 130.000 euros en moyenne, la répartition entre les députés relevant de chaque groupe politique. »

Il souligne que, pour la première fois depuis les débuts de la Ve République, les députés ont restitué au budget de l’Etat 10% du total « afin de participer à l’effort national de réduction des dépenses publiques ».

A la lecture des quelques 250 pages de tableaux publiés mercredi sur le site internet de l’Assemblée, on peut constater que le président a reçu 520.000 euros, les vice-présidents et les présidents de commissions et de groupe chacun 260.000 euros.

Les membres du bureau de l’Assemblée ont reçu chacun 140.000 euros, les autres députés obtenant 130.000 euros.

MAINTIEN OU SUPPRESSION ?

Le président de la commission des Finances, Gilles Carrez (UMP), qui a pour sa part obtenu une enveloppe de 786.000 euros, a tenté de s’expliquer sur le montant de cette somme.

« En tant que président de la commission des Finances, (…) j’ai une enveloppe qui me permet de donner des compléments à mes collègues de la commission des Finances », a-t-il expliqué.

Des compléments, a-t-il dit, qui sont « modiques » puisque « c’est de l’ordre de 10 à 20.000 euros de plus de la norme qui est autour de 130.000 euros ».

« Donc ça explique que j’ai une enveloppe un peu plus importante pour pouvoir redonner. Mais ça n’a rien à voir avec la dizaine de millions d’euros dont peut disposer le président de l’Assemblée », a-t-il poursuivi.

Gilles Carrez a précisé « garder de l’ordre de 300 à 400.000 euros sur ma circonscription proprement dite ».

Le porte-parole du groupe PS, Thierry Mandon, a expliqué qu’il avait distribué sa part à des associations de handicapés, à l’aide au soutien scolaire dans les écoles en difficulté et à deux mairies de petites communes qui avaient de gros travaux à faire et n’avaient « pas les moyens de se les payer ».

« A mon avis, ça (la réserve parlementaire) n’a aucune raison d’être et, à terme, ça devrait être supprimé », a-t-il dit.

Un avis que ne partage pas le député UMP du Cantal Alain Marleix, qui estime que cette « réserve » est destinée « essentiellement au monde rural ».

Aussi juge-t-il que la réforme qui consiste à donner la même somme à chacun des députés « est stupide ».

« Donner 100.000 euros à un député de Paris, de Lyon ou Marseille, ce n’est pas la même chose que pour un député d’une zone rurale pour qui c’est très important », a-t-il ajouté.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

Sources : Reuters

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Baisse des salaires : Electrolux met le feu aux poudres en Italie

En proposant une baisse de 40% des salaires, le fabricant d’électroménager suédois Electrolux a soulevé une tempête sociale.

«Massacre salarial», «Traitement de choc à la polonaise»… : le cas Electrolux Italie sera mercredi au centre d’une table-ronde avec les syndicats, convoquée d’urgence au siège du ministère du développement économique à Rome. En plein climat d’incertitude sur la sortie de crise italienne, l’annonce par le groupe suédois Electrolux d’un plan de réduction drastique des salaires (de l’ordre de 40% selon les syndicats, mais seulement de 8% selon la direction), destiné à «sauver» l’essentiel de ses quatre usines italiennes (4.000 salariés environ), a mis le feu aux poudres dans la Péninsule.

L’initiative «musclée» d’Electrolux intervient sur fond de crise de l’industrie italienne de l’électroménager (deuxième secteur manufacturier national), qui a vu son niveau de production chuter de 58% en douze ans ! «Les produits italiens dans le secteur de l’électroménager sont de bonne qualité mais souffrent de coûts de production, surtout en ce qui concerne le travail, qui sont au-dessus de ceux offerts par nos concurrents», a déclaré ce mardi le ministre du Développement économique, Flavio Zanonato, en reconnaissant la nécessité urgente de «réduire le coût du travail».

Pour les syndicats, au contraire, la proposition d’Electrolux est d’autant plus «irrecevable» qu’elle intervient après cinq années de réduction consécutives des effectifs. «En jouant seulement sur le coût du travail, les salariés italiens devraient travailler gratuitement pour pouvoir rivaliser avec ceux des pays de l’Est de l’Europe comme les Polonais par exemple. Il faut intervenir sur le front fiscal en abaissant les charges sociales pour les travailleurs et les entreprises», estime Rocco Palombella, secrétaire général du syndicat UILM.

Les «Polonais d’Italie»

Selon le plan présenté lundi soir aux syndicats par la direction d’Electrolux comme une «hypothèse de travail», l’objectif serait de réduire de 3 à 5 euros le taux de salaire horaire (à partir du niveau actuel de 24 euros), soit «une réduction de 8% du salaire net, équivalente à 130 euros par mois» à travers une réorganisation du temps de travail. Mais selon les calculs des syndicats, compte tenu de l’ensemble des mesures connexes (gel pour trois ans des augmentations et primes d’ancienneté…) le plan équivaudrait «de facto» à réduire de 40% le niveau des salaires de base (de 1.400 à 700-800 euros), au travers d’une réduction des horaires de travail à six heures par jour et d’une baisse de 80% des primes d’entreprises. Alors que l’entreprise raisonne en termes de salaire horaire, les syndicats se basent sur la réduction globale du temps de travail. La proposition s’inscrit dans le cadre du plan de 2 .000 suppressions de postes (dont 1.500 en Europe) déjà annoncé par Electrolux face à la chute de ses résultats.

Le plan d’Electrolux, jusqu’ici considéré comme un laboratoire pour la «flexsecurity», intervient dans la foulée d’une série de plans sociaux annoncés par ses concurrents Indesit, Candy et Whirlpool dans la Péninsule au cours des derniers mois, avec plusieurs milliers de départs à la clef, face à la chute de la demande interne et à la concurrence croissante du chinois Haier et des coréens Samsung et LG.

«Ils veulent nous faire devenir les Polonais d’Italie», ont dénoncé les salariés qui ont occupé ce mardi l’usine d’Electrolux, à Solaro, en exhortant le gouvernement à ne pas céder au «chantage à la délocalisation».

Sources : Les Echos

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